Le 31 mai 2026, les Français d'Australie votent. En personne, dans les bureaux de vote ouverts à Sydney, Melbourne, Brisbane, Perth, Adélaïde, Canberra, Suva et Port Moresby. En ligne, du 22 au 27 mai, sur votezaletranger.gouv.fr. Cinq sièges de conseillers des Français de l'étranger à pourvoir. Six listes en compétition. Soixante-six candidats.
Je suis l'un d'entre eux.
Ce texte n'est pas un tract. C'est un point d'étape. Ce que nous portons, ce qui nous distingue, ce qui nous rejoint, et ce que j'ai compris en cours de route.
Ce que nous défendons
Élan Citoyen. Onze candidats. Cinq États australiens. Une tête de liste, Serge Thomann, conseiller sortant depuis 2021, qui a siégé à quarante-huit réunions du conseil consulaire sans en manquer une seule. Qui a examiné des centaines de dossiers de bourses scolaires pour l'Agence pour l'Enseignement Français à l'Étranger. Qui a orienté des familles en crise depuis French Assist Melbourne à des heures où personne ne répond. Qui a plaidé sans relâche pour l'extinction de la CSG-CRDS imposée aux Français hors Union Européenne.
Son bilan n'est pas un programme. C'est une preuve.
Notre programme, lui, tient en quelques lignes parce que nous n'avons pas l'intention de promettre ce que le mandat de conseiller ne permet pas de livrer. Le rôle est consultatif et représentatif. La crédibilité - et Serge, notre tête de liste, l'a démontré - se construit dans la durée, pas dans les slogans.
Ce que nous nous engageons à faire : défendre vos droits concrets (fiscalité, retraite, éducation, accès consulaire), renforcer les liens franco-australiens, faire vivre la francophonie au quotidien, simplifier vos démarches, soutenir les initiatives locales, et préparer ceux qui le souhaitent au retour en France.
Le programme complet est sur elancitoyen.com.au. Lisez-le. Comparez-le. Posez vos questions.
Ce qui nous distingue : une charte d'engagement
On peut écrire un programme. On peut faire des promesses. Tout le monde le fait. Ce qui nous distingue des cinq autres listes tient en un document que les onze candidats d'Élan Citoyen ont signé entre eux : une charte d'engagement.
Le principe est simple: élus ou non élus, nous restons engagés après le 31 mai. Ensemble. Dans la durée.
Ce n'est pas un slogan. C'est un accord entre nous, parce qu'une élection consulaire, ce n'est pas un mandat qu'on décroche et qu'on range dans un tiroir mais un travail collectif qui commence le lendemain du vote et qui dure six ans. Et à ce travail, les onze ont décidé de s'y associer, élus ou non.
Aucune autre liste en Australie n'a formalisé cet engagement. Nous, si et il a constitué la base de notre cohésion autour de Serge.
Ceux qui nous rejoignent
Onze candidats sur le bulletin de vote, c'est le cadre légal. Mais une campagne, ça ne tient pas à onze personnes. Ça tient à celles et ceux qui se reconnaissent dans le projet et qui décident de le porter avec nous.
Depuis le début de cette aventure, des Françaises et des Français nous ont rejoints au-delà de la liste officielle. Pas dans une logique de parti (nous n'en avons pas). Dans une logique de maillage. Des relais dans les villes et les régions où nos onze candidats ne sont pas physiquement présents. Des personnes qui organisent des rencontres, qui transmettent l'information, qui répondent aux questions, qui incarnent localement ce que nous défendons nationalement.
Ce réseau de sympathisants et de relais n'est pas un appareil. C'est une communauté qui se reconnaît dans une façon de faire : l'écoute avant le discours, la présence avant la promesse, le concret avant l'abstrait.
Si vous souhaitez nous rejoindre, le chemin est simple : EC2026@arnaud.agency pour l'Australie-Occidentale, elancitoyen.com.au. pour le reste.
Ce que j'ai compris
Il y a quelques semaines, lors d'un échange en visioconférence avec le sénateur Olivier Cadic, nos colistiers et des citoyens français d'Australie, Julia Zemiro a dit quelque chose qui m'a arrêté net. Avec une émotion réelle dans la voix et cet accent qu'on lui connaît bien : « Quand on quitte la France, on perd ses repères. Pas d'un coup. Par couches successives. »
Ce que je portais confusément depuis des mois venait de trouver ses mots. Pas encore un projet. Une intuition.
Je vis à Perth depuis 2016. Dix ans bientôt. Restaurants, hôtellerie, manufacturing pour les secteurs minier et énergétique, startups, direction du chapitre WA de la Chambre de Commerce Franco-Australienne (FACCI). Nationalité australienne en 2022. Doctorat en 2024. En surface, une intégration réussie.
La réalité est plus compliquée. Un divorce. Une solitude qui n'avait rien de géographique et tout de culturel. L'impression de n'appartenir pleinement ni ici, ni là-bas. Des difficultés à communiquer professionnellement que personne ne vous prépare à affronter, parce que le gap n'est pas linguistique, il est culturel, et il se niche dans chaque réunion, chaque négociation, chaque malentendu que vous n'avez pas vu venir. Et cette question, lancinante : pourquoi est-il si difficile de trouver ses repères quand on a tout reconstruit de zéro ?
Une partie de la réponse, je l'ai aussi trouvée en dirigeant la FACCI WA. De l'intérieur. J'ai vu ce qui fonctionne. Et surtout ce qui manque. La FACCI m'a aussi offert quelque chose que je ne cherchais pas directement : l'occasion d'échanger avec mes pairs, mais aussi avec des Français en recherche de repères, parfois perdus, parfois résignés, souvent seuls dans leur questionnement.
Ce que personne n'a encore construit
L'écosystème français en Australie est riche. Alliances culturelles, chambres de commerce, incubateurs technologiques, associations d'accueil, dispositifs publics comme Team France Export, French Tech ou France Consulaire. Mais cet écosystème est profondément morcelé. Les calendriers se chevauchent. Les membres ignorent souvent l'existence des autres. Un Français qui arrive à Perth ne sait pas par où commencer. Celui qui est là depuis dix ans ne connaît pas la moitié de ce qui existe.
L'ambassade a fait un travail remarquable sous le mandat de Pierre-André Imbert, qui vient de quitter Canberra pour devenir secrétaire général de l'Élysée. Lui et ses équipes ont renforcé la relation bilatérale, déployé France Consulaire, accompagné la communauté lors de l'attentat de Bondi avec une réactivité exemplaire, soutenu le réseau des alliances françaises et l'enseignement bilingue. Les consuls généraux à Sydney et Melbourne assurent les services régaliens avec des moyens contraints. Tout cela est réel, et mérite d'être dit.
Mais le lien quotidien avec le citoyen, le maillage de proximité, l'orientation vers la bonne ressource au bon moment, ce n'est vraiment le mandat de personne en particulier. C'est en conclusion malheureuse le travail de personne. Des dispositifs d'État fonctionnent en silos à côté des réseaux citoyens. Des conseillers consulaires n'ont pas d'outil partagé pour orienter les compatriotes qui les sollicitent.
La France à l'étranger, ce devrait pas être un archipel mais un pays à part entière. Et l'image que nous donnons, dispersés, mal coordonnés, invisibles les uns aux autres, ne correspond ni à ce que nous sommes ni à ce que nous pourrions être ensemble.
Et c'est là que la vision s'inverse. Jusqu'ici, l'information descend. Le consulat informe. L'association organise. Le citoyen ou le membre de l'organisation reçoit. Ou ne reçoit pas...
J'aspire à un autre modèle; un modèle qui part du citoyen. Du citoyen qui arrive, qui cherche, qui a besoin d'un médecin francophone, d'un événement où parler français, d'une école française, d'une réponse à cette question qui le réveille à trois heures du matin. Le citoyen d'abord. Les institutions et les organisations à son service. Et non l'inverse.
In ne s'agit pas de remplacer ce qui existe. Chaque organisation garderait sa marque, son autonomie, sa raison d'être. Ce qui changerait : une couche de connexion posée sur l'ensemble du tissu existant. Un calendrier partagé, un annuaire vérifié, un espace d'entraide, un canal vers les élus, des alertes utiles. Et pour l'ambassade, les consulats et les conseillers, un outil qu'ils n'ont jamais eu : un lien direct, permanent, structuré avec les citoyens qu'ils servent. L'ambassade comme alliée naturelle de cette construction. Non le pilote, mais le partenaire légitime.
Une France unifiée à l'extérieur, ça se construit. Et ça commence par un outil commun. Cet outil n'existe pas. Il est temps de le construire. La technologie existe. Notre ambition en sera le moteur.
Et Julia avait raison: quand on quitte la France, on perd ses repères. Il faut les reconstruire. Non en attendant que quelqu'un le fasse à notre place. En le construisant nous-mêmes. Pour ceux qui sont là. Pour ceux qui arrivent. Et pour ceux qui ont cessé de demander.
C'est ce que j'ai l'intention de faire, que je sois élu ou non.
Merci à toutes et à tous,
Perth, 14th May 2026
Votez!
🗳 Vote en ligne : 22 au 27 mai sur votezaletranger.gouv.fr
🏛 Vote en personne : 31 mai, Alliance Française, 105 Broadway, Nedlands (pour Perth)
📩 EC2026@arnaud.agency
🌐 elancitoyen.com.au
Élan Citoyen. Solidaires. Indépendants. Démocrates.